Seigneur de la Motte de Lacheni, an de grâce MCXXXVII

 

Ses ancêtres faisaient partie de ces envahisseurs scandinaves qui ébranlèrent l’Empire Carolingien, fondé par Charlemagne. A partir des années 870, ils organisent des expéditions de pillage dans la vallée de la Seine et dans le centre du royaume de France. Les sources écrites sont pour l’essentiel en latin. Annales et histoires présentées chronologiquement furent rédigées dans des monastères et dans les annexes des cathédrales, cibles principales des attaques car ces édifices religieux conservaient des objets liturgiques de grande valeur en or ou en argent et des œuvres d’art ornées de pierres précieuses et de métaux rares. On peut comprendre que les auteurs, sous le coup de l’émotion, décrivent les  Vikings comme des êtres maléfiques, capables de tous les crimes et de tous les sacrilèges.
Au IXe siècle, les Vikings avaient déjà à plusieurs reprises envahi le Vermandois. Ils s’emparèrent d’Amiens en 890, et établirent un de leur chef à Argoeuvres. L’année suivante , au printemps 891 ils se divisèrent en deux bandes: l’une descendit vers l’Oise, l’autre vint camper à Germiniacum (Guerbiny). Il y eut longtemps avant l’arrivée des Vikings une enceinte fortifiée : il est probable que ces aventuriers profitèrent  des avantages de cette situation pour s’établir solidement sur le mont. La forteresse située sur une colline élevée, dont les flancs descendent  en pentes abruptes jusqu’à la rivière, commandait la vallée et les marais environnants. Le château était défendu de hautes murailles flanquées de tours et entouré de fossés profonds. Cette même année, les Vikings semèrent la terreur dans la région, arrivèrent à Roye et incendièrent la chapelle Saint Firmin, puis prirent la route de Noyon et pillèrent Roiglise …. Ils furent qualifiés de païens, de barbares voir de berserkir (guerrier fauve).

 

 

Dans la légende de la seigneurie de Lacheni, Roland fils de Ulfr, aurait perpétré cette tradition ancienne, transmise de génération en génération … Il serait fils de Ulfr (fils du Loup), de la lignée du clan des fils d’Odin, les Ulfhednars (guerriers loups)…

Le berserker (en vieux norrois berserkr, pluriel berserkir) désigne un guerrier-fauve qui entre dans une fureur sacrée (en vieux norrois berserksgangr, « marche, allure du guerrier-fauve ») le rendant surpuissant et capable des plus invraisemblables exploits.

Quoique le personnage apparaisse surtout dans les sagas et les mythologies nordiques et germaniques (exemples  Arnwulf, Bernhari, Berthramm, Gundhramm, Haimric, Hlodwig, Richari, Theudberga, Warinhari, Wilhem, etc.), il est néanmoins attesté dans des sources plus historiques, comme le Haraldskvæði (voir le récit de la bataille du Hafrsfjördr) où les berserkers sont également appelés úlfheðnar, ou encore l’Histoire de Saint Olaf, dans la Heimskringla.

 

Légende

 

On peut distinguer trois classes de guerrier de ce type :

  • les svinfylkingars : guerriers-sangliers;

  • les ulfhednars ou ulfarks : guerriers-loup;

  • les berserkers : guerriers-ours;

Dans la mythologie, les berserkers au sens large seraient des guerriers d’Odin, et l’équivalent vivant des Einherjar. Les berserkers combattent dans un état de transe provoqué par l’esprit animal du guerrier (ours, loup ou sanglier). Cette fureur serait liée à l’animal totem de la personne. Les berserkers ne sont pas uniquement des guerriers, ils ont aussi une fonction de prêtres des dieux nordiques et particulièrement d’Odin. Les berserkers (tous plus de deux mètres de hauteur) étaient censés former la garde rapprochée des rois scandinaves par troupes de 12 guerriers. Certains récits et preuves archéologiques évoquent un clan nommé “Clan des fils d’Odin” près de Skagen (Danemark) dont les squelettes des hommes mesuraient environ deux mètres.

Les guerriers d’Odin étaient réunis en confréries et chaque aspirant devait passer une initiation dont certains détails nous sont parvenus grâce à la saga de Hrólf Kraki : l’aspirant berserker devait tuer rituellement l’image de l’ours, puis boire son sang afin que le pouvoir de la bête se répande en lui. Il devenait alors un berserker et obtenait en plus de sa fureur le don de Hamrammr, c’est-à-dire le pouvoir de métamorphose qui lui permettait de modifier la perception que les autres ont de lui, mais aussi d’apparaître sous forme animale. Lors de leurs crises de fureur, les berserkers laissaient s’effacer leur esprit humain pour laisser l’esprit animal prendre le contrôle.

Tous les jeunes guerriers devaient passer un rituel important auprès de leur sorcier: le rituel de l’éveil. Ce rituel était la signification même de leur colère sacrée : soit ils survivaient, soit ils mouraient. S’ils survivaient au rituel, ils devaient porter une sorte de tatouage en forme de loup ainsi qu’un serpent se mordant la queue et le signe du clan auquel ils appartenaient.

 

Données historiques

Les premiers guerriers berserks étaient le peuple Hari mais les historiens ne savent trop peu de choses sur les berserkers faute de preuves matérielles, et notamment si l’on naissait berserk. Cependant, l’onomastique comme les sagas révélant l’existence de lignées de berserkers, on peut pencher pour le caractère héréditaire du phénomène. On sait seulement qu’ils s’habillaient de peau d’ours ou de loups, et se battaient sous l’emprise de la fureur d’0oinn(berserksgangr), ce qui était réputé leur conférer une quasi-invincibilité en combat au corps à corps. D’ailleurs, l’Ynglinga Saga dit à leur sujet : « Ses hommes à lui [ceux d’Óðinn] allaient de l’avant sans armure, enragés comme des chiens ou des loups, mordant leur bouclier,forts comme desours ou des taureaux, et tuant les gens en un coup, mais eux, ni fer ni feu ne les navraient. Ils étaient appelés « berserkers ». En pratique, leur furor les rendait insensibles aux blessures et à la peur.

Vincent Samson, dans une étude exhaustive, montre que la présentation des berserkers a évolué dans le temps. Formant une garde rapprochée autour des rois dans les poèmes scaldiques du début du Xe siècle, ils sont entourés d’un grand prestige d’un bout à l’autre du monde scandinave continental. Vaincre un berserk en combat singulier étant un exploit digne des plus grands héros. Ils sont montrés sous un jour nettement moins positif dans les sagas islandaises de la fin du Moyen Âge.

Selon les sagas, le berserksgangr s’accompagnait de manifestations telles que les yeux révulsés, des hurlements (parfois associés à ceux de bêtes sauvages)ou la morsure du rebord du bouclier, résultats du furor ; les guerriers-fauves étaient capables de prouesses diverses : forces décuplées, capacité à traverser le feu, invulnérabilité aux coups de leurs adversaires. Tacite (Germania) mentionnait déjà la pratique du bardit ou barritus où les guerriers “chantent” derrière leurs boucliers (qui peut rappeler la morsure du bouclier des berserkers). De même, dans l’Edda poétique (Hávamál,), Óðinn chante sous le bouclier pour rendre invincibles ses compagnons.

Dans les sagas islandaises, postérieures à l’arrivée du christianisme, le personnage du berserker évolue vers celui d’une brute, cherchant souvent à s’approprier par la force les biens, voire la femme de son adversaire. Il devient le «méchant», généralement vaincu par le héros à la fin de l’histoire. C’est l’interprétation de Régis Boyer, pour lequel le prestige de ces guerriers à l’époque des sagas serait à nuancer; en effet, dans  islandaises, les berserkers sont souvent dépeints comme des brutes, qui sont, justement, aisément vaincues par le jeune héros, plus rusé .

Les sagas islandaises représentent en effet des points de vue tardifs sur les Nordiques, puisqu’elles sont écrites après la christianisation de l’île. L’Íslendingabók, ou “Livre des Islandais”, prétendant retracer la colonisation de l’Islande, a ainsi été écrit par un prêtre deux siècles après les faits relatés. Il faut donc noter que le dogme de cette religion, nouvelle pour ces peuples, a pu entacher le prestige dont jouissaient les berserkers, dans le but de mieux saper les bases des anciennes croyances.

 

 

Notes et références

Cet article est partiellement issu de l’article de Wikipédia intitulé «Berserk»

 

Le saviez vous :

Bienvenue dans la France féodale !

L’an mille se lève sur un monde profondément bouleversé, un siècle de fer qui peut paraître très violent, voire terrifiant, mais où des forces neuves se trouvent déjà à l’œuvre. C’est d’ailleurs à l’aube du XIe siècle que des penseurs politiques, tous hommes d’église, réfléchissent à la société idéale et formulent la théorie des trois ordres! Dans le monde des hommes, il y aurait ceux qui prient, ceux qui combattent et ceux qui travaillent .

A tout seigneur, tout honneur

Au somment de la société trône une élite politique restreinte. Ces seigneurs, qui ont accaparé la plupart des prérogatives royales, marquent leur pouvoir par la Tour, le Cheval et l’Épée

Sur leur terre où  ils ne reconnaissent plus d’autres autorité que la leur, les seigneurs du X et XI e siècle accaparent toutes les prérogatives régaliennes : la justice, la fiscalité, la guerre et la paix. Ils se moquent bien de Roi dont la prééminence s’avère toute symbolique …

En ce début du XIe siècle, le donjon symbolise la domination d’un seigneur sur un territoire. Encore peu nombreux au siècle précédent, ces châteaux à Motte se multiplient à un rythme stupéfiant.

 

 

Le seigneur (le maître de la Tour) a pour mission de maintenir en son domaine la paix et la justice: en cas d’attaque, il rassemble des troupes et toute la population voisine vient s’abriter dans la seigneurie. Un village est d’ailleurs souvent formé à l’ombre de la tour, dans la vaste enceinte que forme la basse-cour. En échange de sa protection, les manants (les habitants) reconnaissent le pouvoir du seigneur qu’on appelle le ban. Ils doivent certaines obligations: des impôts en nature (du blé par exemple), en espèces, la taille ou des corvées (l’entretien de la seigneurie). Justicier, le seigneur a le droit de punir. Chef militaire, il montre aussi sa force en opérant de meurtrières chevauchées : avec une bande de cavaliers (et quelques mercenaires) il s’en va brûler les villages des seigneuries voisines. Ces expéditions constituent la routine des guerres privées que se livrent les puissants.